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La surpêche ne signifie pas nécessairement une extinction immédiate, mais ce vocable indique que les captures de poissons dépassent durablement leur capacité naturelle de renouvellement. Ce déséquilibre menace à terme l’équilibre de tous nos précieux écosystèmes marins, la sécurité alimentaire ainsi que les revenus des pêcheurs artisanaux. L’effondrement du stock de cabillaud au large de la zone de Terre-Neuve dans les années 1990, ne s'est malheureusement jamais rétabli : c'en est un triste exemple emblématique.
Qu'est-ce que la surpêche ?
Un stock de poisson est dit « surpêché » lorsque les captures annuelles dépassent le seuil de durabilité fixé par les scientifiques. Cela signifie que les poissons sont pêchés plus vite qu’ils ne peuvent se reproduire.
La raréfaction de certaines espèces provoque un cercle vicieux : les pêcheurs doivent aller plus loin, plus longtemps et utiliser des techniques plus intensives avec le chalutage de fond pour maintenir leurs prises, ce qui accentue encore la pression sur les écosystèmes.
Espèces les plus menacées par la surpêche
Voici un aperçu de plusieurs espèces emblématiques touchées par la surpêche, avec les causes de leur vulnérabilité.
- Thon rouge (Thunnus thynnus). Statut En danger : fait partie de la liste UICN (situation en amélioration en Atlantique Est grâce à des quotas). Cause : Très prisé pour les sushis, victime d’une pêche industrielle intensive (senne, palangre). Problème : Croissance lente, reproduction tardive, fragilité des juvéniles.
- Mérou (Epinephelus spp.).Statut : Plusieurs espèces en danger ou quasi menacées. Cause : Apprécié en restauration, particulièrement vulnérable à la pêche côtière illégale. Problème : Se rassemble pour frayer, ce qui facilite les captures massives en période de reproduction.
- Espadon (Xiphias gladius). Statut : Forte pression en Méditerranée. Cause : Pêche à la palangre, prises de jeunes individus non matures. Problème : Techniques peu sélectives, causant des captures accessoires (tortues, requins).
- Requins et raies (plus de 100 espèces concernées). Statut : Environ 1/3 des espèces de requins sont menacées (UICN). Cause : Ciblés pour leurs ailerons, leur chair ou capturés accidentellement. Problème : Faible taux de reproduction, croissance lente, fragilité extrême.
Qu'est-ce que la surpêche ? Le pillage industriel océans et une absurdité justifiée par une soi-disant économie circulaire et un recyclage ! Schéma Picbleu

Poissons européens fortement surexploités
Il faut limiter sa consommation de poisson à 1 fois par semaine et éviter la liste d'espèces ci-dessous :
Espèces à éviter | Lieu | Statut | Cause | Remarque |
Cabillaud (morue) | Atlantique Nord-Est, mer Celtique, mer du Nord | Stocks effondrés dans certaines zones | Surpêche historique, pressions commerciales fortes. | Le cabillaud vendu en France provient souvent de stocks non durables |
Merlu européen (Merluccius merluccius) | Surexploité dans le golfe de Gascogne et l’Atlantique sud. | Stocks effondrés dans certaines zones | Pêche au chalut peu sélective, | avec rejets massifs. |
Sole et plie | océan Atlantique Nord-Est, Norvège, Maroc, mer Méditerranée | Certaines zones sont en bon état, d’autres critiques. | Chalutage de fond | mode de pêche destructeur des habitats |
Sardine | (Atlantique, Méditerranée) | Déclin dans plusieurs régions (ex. : golfe de Gascogne) | Surpêche | changement climatique qui affecte le plancton (nourriture des sardines) |
Que deviennent les poissons pêchés en surnombre ?
Tous les poissons capturés ne finissent pas dans nos assiettes. Une part importante est :
- Transformée en farine de poisson, utilisée comme alimentation animale (élevages de porcs, volailles)
- Farines utilisées pour la pisciculture (élevages de saumons destructeurs : éviter d'en consommer ). Il faut 3 kg de farine par saumon.
- Utilisée pour produire de l'engrais, notamment dans l’agriculture intensive.
- Utilisée pour les cosmétiques et compléments alimentaires.
- Rejetée en mer, surtout les poissons trop petits ou non désirés (rejets), ce qui aggrave encore le gaspillage des ressources halieutiques.
Que peut-on faire en tant que consommateur ?
Choisir des poissons issus de la pêche durable:
- Chercher les labels de durabilité. Notons pour le label MSC (Marine Stewardship Council) on constate que des industriels labellisent leurs bateaux à chalut profond avec ce label qui montre qu'on ne peut pas se fier à ce label MSC. Un autre label Pêche durable (FranceAgriMer), garantit en théorie des pratiques de pêche respectueuses.
- Éviter les espèces menacées. Surtout en dehors de leur saison de reproduction.
- Les guides comme "Le guide des espèces WWF" vous aide à faire les bons choix.
- Diversifier sa consommation. Ne pas se limiter aux espèces surpêchées : essayez des poissons locaux, abondants et peu connus (tacaud, grondin, mulet…).
- Soutenir la pêche artisanale. Elle est souvent plus sélective, moins destructrice et ancrée dans des économies locales durables.
- Télécharger la fiche de Greenpeace sur les conseils pour la consommation de poissons.
Signer les pétitions
De nombreuses ONG ont créé des pétitions pour sauvegarder notre bien commun (Bloom, Greenpeace, Coalition Océan, etc.). Tout en sachant que le plus efficace c'est vos achats !
En résumé
La surpêche n’est pas une fatalité, mais un problème bien documenté et réversible si l’on agit à temps. La gestion durable des ressources marines, associée à des actions concertées sur la protection des mers et océans et à une consommation responsable, permet aux océans de se régénérer et de continuer à nourrir les générations futures.