Les Français et leur choix de chauffage pour l'habitat

Temps de lecture: 8 min , Dernière mise à jour: 27/09/2023
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Depuis le 1er janvier 2013, le choix du type de chauffage dans le cadre d’un logement à basse consommation d’énergie a revêtu une plus grande importance, car la norme RT 2012 imposait en moyenne 50 kWhep/m²/an (la norme passive Passivhaus se situait à 15 kWh/m²/an). La règlementation RE 2020 va plus loin tout en tenant compte de l'impact carbone des matériaux de construction. Pour l'ancien, l'isolation étant moins performante, quelle énergie et quel système choisir pour concilier économie, confort et environnement ?

 

Un choix difficile

Le choix de son mode de chauffage (1) est un élément déterminant dans le budget d'un ménage. Le chauffage et la production d’eau chaude sanitaire représentent actuellement entre 60 et 75 % de leur facture énergétique pour des logements classiques (2).

(1) Le chauffage est également un enjeu environnemental, c’est une source importante de rejets qui peuvent altérer aussi bien la qualité de l’air que les conditions climatiques. Ainsi, 81% des émissions de CO2 issues des résidences principales sont liées au chauffage.

(2) Pour les foyers les plus modestes, ces deux postes occupent une part de plus en plus conséquente de leurs revenus : selon l’INSEE, 3,4 millions de ménages (soit 13 %) consacrent plus de 10 % de leurs ressources à payer leurs factures de chauffage.

Le chauffage enjeu économique, social et écologique 

Il est toutefois possible de construire (si le budget le permet) en visant les 30 kWh/m²/an afin d’économiser sur le réseau de chauffage en passant par une VMC double flux ou VMI. 
Cette option n'est pas possible si l’on envisage de passer par une VMC simple flux hygro A ou B. A partir de 35 kWh/m²/an, il est possible également de distribuer l’air chaud par une VMC double flux ce qui entraine des économies de construction non négligeables. Dans le cas contraire (consommation supérieure à 35 kWh/ m² /an, cas d'une majorité de constructions) il sera judicieux de s’orienter vers des radiateurs ou un plancher chauffant basse température à vecteur eau chaude. La construction d'une maison basse consommation sans récupération de la chaleur sortante de la ventilation est à proscrire. Dans un premier temps, il faut prévoir le niveau d’isolation prévu pour la maison.

La Réglementation Thermique 2012 (RT2012) avait pour objectif, tout comme les précédentes réglementations thermiques de limiter les consommations énergétiques des bâtiments neufs qu’ils soient destinés à l’habitation (résidentiel) ou pour tout autre usage (tertiaire). Mais la surchauffe des bâtiments est un problème, car l'étanchéité à l'air n'est pas liée à l'inertie thermique. Une ancienne maison en pierre reste plus fraiche par temps de canicule qu'une maison neuve construite en bois par exemple.

Conséquences :

Pour toute construction neuve RT 2012, l’objectif énergétique était de ne pas dépasser 50 kWhep/m/an (50 Kilowatts/heure d’énergie primaire par mètre carré et par an et jusqu'à 65 Kilowatts/heure d’énergie primaire par mètre carré suivant les régions). L’économie énergétique était plus importante que toutes les réglementations thermiques depuis 30 ans ! La facture de chauffage devait passer de 900 € en moyenne par ménage, à environ 300 € pour une maison basse consommation RT 2012.
Grâce à la règlementation environnementale RE 2020 puis RE 2025, les bâtiments neufs deviendront de plus en plus autosuffisants, car ils produiront en théorie plus d’énergie qu’ils n’en consomment si les occupants restent sobres. La pratique montre que comme pour les voitures électriques, les consommateurs utilisent plus leurs appareils en pensant que leur système est économe. Il faudra donc tenir compte des habitudes des humains et de leur santé (le souci de consommation ne suffit pas).

Le parc du chauffage en France 

Le chauffage électrique est passé de 24 à 28 % de 1990 à 2010. En 2009, le chauffage électrique représentait 80% des systèmes de chauffage installés dans les logements neufs, soit une progression de près de 40 points par rapport à l’année 2000. Cette progression fait de la France le premier marché européen fonctionnant à l’électricité.
La raison de ce choix s’explique principalement par le faible coût des installations électriques, la communication d'EDF, les aides fiscales la facilité de mise en œuvre et l’entretien réduit pour tous les appareils bas de gamme (convecteurs, chauffe-eau électriques, etc.).

Le chauffage électrique, équipe plus de 8 millions de ménages et représente, pour les résidences principales, une consommation moyenne de 43,6 Térawatts/heure (TWh)2 et l’émission d’environ 7,8 millions de tonnes de CO2 par an.

L'électricité étant d'origine nucléaire en France, il est utile de garder à l'esprit qu'une centrale nucléaire consomme environ 18 millions de tonnes d'eau par an.
Depuis quelques années, d’autres systèmes se développent :

  • chauffage au bois,
  • pompes à chaleur électrique et à gaz, 
  • chaudières à condensation, 
  • chaudières électrogènes, 
  • chaudières hybrides,
  • chauffage solaire. 

Pour inciter les particuliers à investir dans les matériels les meilleurs sur les plans énergétique et écologique, le gouvernement a mis en place des aides financières. Il aurait été préférable que la totalité des aides soient attribuées à l'isolation et au solaire.

Aucune solution de chauffage n’est idéale 

Aucune solution de chauffage n'est idéale ni écologique. Quel que soit le système choisi, il est primordial de réduire au maximum les besoins de chauffage du logement en veillant à la qualité d’isolation thermique du bâtiment, et à son exposition. En particulier, améliorer l’isolation avant de remplacer son installation de chauffage permet de réduire la puissance nécessaire et donc de limiter l’investissement.

Le mode de chauffage à privilégier dépend du type de bâtiment, de la zone géographique, de l’utilisation qui est faite du logement ainsi que du budget disponible.

Les bonnes questions à se poser 

 Questions à se poser lorsque l’on souhaite remplacer ou installer un système de chauffage pour faire des économies sur sa facture énergétique tout en respectant l’environnement. Faire installer, remplacer ou moderniser son système de chauffage impose de réfléchir à l’ensemble de la performance énergétique du bâtiment

Le choix de l’équipement se fait selon 5 critères 

  1. S’agit-il d’un chauffage principal ou d’un chauffage d’appoint ?
  2. Quels sont les besoins en matière de chauffage (surface du logement, nombre d’occupants, orientation du bâtiment, etc.) ?
  3. Quelles énergies peuvent être disponibles dans le bâtiment (y compris les énergies renouvelables) ?
  4. Quel est le budget disponible pour les travaux (compte tenu des économies escomptées sur le chauffage)
  5. Quel est le budget consacré au chauffage ?

Le solaire thermique et photovoltaïque doit se développer 

Le solaire thermique et photovoltaïque devrait logiquement se développer dans les prochaines années. Depuis le Grenelle environnement, l’énergie solaire a été prise en considération (après plus de 20 ans d'études en France sans volonté réelle de le développer). 
L’arme législative (crédit d’impôt, prêts PTZ et éco-prêts, RT 2012) devrait permettre de développer des installations solaires. La réglementation 2012 impose pour toute maison neuve un niveau de consommation d’énergie primaire faible. C'est-à-dire que la maison sera obligatoirement conçue pour consommer un minimum d'énergie en France. De plus, et c’est l’avancée essentielle pour le solaire au sein de cette nouvelle réglementation, cette maison individuelle doit utiliser obligatoirement au moins une énergie renouvelable.

Enfin, et grâce à l’outil législatif, le solaire devra se développer réellement. Car outre la pompe à chaleur gaz et électrique, les chaudières à condensation, les chaudières électrogènes, les chaudières hybrides et l’énergie bois, c’est bien le solaire qui tirera son épingle du jeu aux économies d’énergie pour atteindre le niveau RT 2012. Le solaire thermique offre une valeur ajoutée indéniable et des économies correspondantes. Le poste eau chaude sanitaire représentant près de 50 % des 50 kWh/m² caractéristiques du bâtiment RT 2012.  Si dans une maison actuelle neuve RT 2012, la part chauffage est réduite, l’eau chaude sanitaire reste un poste lié au nombre d’usagers et à leur comportement.

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