Le tout nucléaire en France a été une erreur collective

Temps de lecture: 12 min , Dernière mise à jour: 09/02/2024
Voir les articles de même catégorie:
Chauffage et énergie > Nucléaire

Sommaire


Dans le cas du combustible nucléaire neuf, la radioactivité accrue est due à la présence des isotopes du plutonium dont les périodes de durée de vie s'échelonnent entre 14 ans et 370 000 ans, celles de l'uranium-238 et de l'uranium-235 sont respectivement de 700 millions et 4.5 milliards d'années. La radioactivité varie en raison des périodes, par exemple l'uranium se manipulerait théoriquement à mains nues alors que les pastilles de MOX contenant du plutonium sont environ un million de fois plus radioactives et nécessitent d'infinies précautions.

Problème

Le bouquet énergétique


La France voulait réduire la part du nucléaire dans son bouquet énergétique

Nicolas Sarkozy avait reconnu une « erreur »

Le 9 juin 2009, lors d’un déplacement au Bourget-du-Lac, en Savoie, sur le thème du développement des énergies renouvelables, l'ancien président de la République Française Nicolas Sarkozy s'était exprimé lors d'une table ronde organisée sur le campus scientifique de l'Université de Savoie sur le thème du développement des énergies renouvelables, en présence d'un millier de représentants des secteurs concernés. Le chef de l'État avait visité l'Institut national de l'énergie solaire et reconnu une « erreur » de la France. « Le tout nucléaire a été une erreur collective ».

« Penser que la France pouvait ne pas développer les énergies renouvelables parce qu'elle était leader mondial dans l'énergie nucléaire était une erreur »

Lors de la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy alors Président de la République s'était engagé à œuvrer pour l'environnement.

La France en retard

Le retard Français dans le domaine des énergies renouvelables.

Nicolas Sarkozy alors Président de la République avait estimé que le « tout nucléaire » avait été « une erreur collective » : « la France, en tête de tous les pays sur l'énergie nucléaire, pensait ne pas avoir besoin des énergies renouvelables ». Nicolas Sarkozy a imputé collectivement aux gouvernements de droite et de gauche qui se sont succédé ces cinq dernières décennies en France le retard français dans le domaine des énergies renouvelables.
Au lendemain des élections européennes marquées par la poussée des partis écologistes (16.3 % des suffrages), La presse dans son ensemble soulignait le lien entre ces annonces et le score obtenu en France par Europe Écologie aux élections européennes. Ces annonces intervenaient à la veille de l'examen en deuxième lecture par l'Assemblée nationale, du projet de loi issu du Grenelle.

Le développement des énergies renouvelables.

« Le tout nucléaire a été une erreur ». Nicolas Sarkozy alors Président de la République avait ainsi affirmé sa volonté de consacrer autant aux énergies renouvelables qu'à l'énergie nucléaire. « La France, en tête sur les énergies nucléaires, pensait ne pas avoir besoin des énergies renouvelables, c'est une erreur », avait déclaré Nicolas Sarkozy lors d'une table ronde organisée sur le campus scientifique l'Université de Savoie. »

Cet aveu était une main tendue aux antinucléaires, le premier pas réalisé par le président français de l'époque, qui n'avait eu de cesse de militer depuis deux ans, en France et à l'étranger, pour l'exportation du savoir-faire français dans l'atome civil.
« Là où nous dépensons un euro pour le nucléaire, nous dépenserons le même euro pour la recherche sur les technologies propres », avait-il annoncé. « Ce n'est pas l'un ou l'autre. C'est l'un et l'autre ». « Je réaffirme cet objectif non pas à l'horizon de 2015 ou 2020 [mais] tout de suite, maintenant. »

Pas question de revenir sur le choix fait dans les années 1960 de doter la France d'une puissante industrie nucléaire, avait déclaré l'ancien président de la République Nicolas Sarkozy. Mais il avait promis de prendre pour les énergies renouvelables des décisions « aussi importantes » que celles prises à l'époque par le général de Gaulle pour l'atome. Nous devons devenir leader des énergies décarbonées de demain sans rien abandonner de ce que nous avons de notre avance dans le domaine nucléaire », avait-il ajouté.

« Nous allons devenir leader dans les énergies renouvelables au même titre que nous sommes leader dans les énergies nucléaires », avait-t-il déclaré en précisant que la France dépenserait autant pour la recherche sur les technologies propres et sur la prévention des atteintes à l'environnement.

Le tarif d'achat des énergies renouvelables.

« Le tarif d'achat de l'énergie ne connaitra pas de baisse d'ici 2012 », avait-t-il indiqué. Tout en espérant une contrepartie en termes de création d'emplois de la part des entreprises du secteur. Par cette annonce, l'ancien président Nicolas Sarkozy espérait « arriver à faire tolérer le nucléaire à ceux qui y sont opposés », selon ses propres termes. Pour rassurer également les anti éoliens, le Président avait estimé « que l’on doit adapter nos procédures pour voir comment développer le solaire et l'éolien dans nos paysages. ».

Nicolas-Sarkozy-ancien-président-république-française


Le programme énergétique de François Hollande

Les idées de campagne de François Hollande ancien président de la République Française concernant l'énergie nucléaire : « Une politique cohérente de montée du renouvelable »

  • Réduire la part du nucléaire, un plan appliqué « sans psychorigidité », selon son entourage.
  • Fessenheim –La plus ancienne des centrales nucléaires sera arrêtée. La date n'est pas précisée.
  • Le nouveau réacteur EPR de Flamanville sera conduit à son terme.
  • La filière de retraitement des déchets nucléaires sera préservée.
  • Durant le quinquennat, aucune autre construction de centrale nucléaire ne sera lancée.
  • Ramener la part du nucléaire dans le mix à 50 %.

Le mix électrique devait être ramené de 75% à 50%

L'objectif annoncé était de ramener la part du nucléaire dans le mix électrique de 75% à 50% à l'horizon 2025. (« 2025-2030 », selon son conseiller énergie). La « transition énergétique » prendra trois quinquennats et supposera « des étapes d'évaluation en fonction des progrès de la science et des prix relatifs de chaque source d'énergie ». L’investissement dans la maîtrise de la demande énergétique et les énergies renouvelables serait doublé (prévision d'investissement 10 Mds d'euros). Ces montants pourraient être gérés par un « Fonds de transition énergétique » au sein de la nouvelle banque publique d’investissement. De plus, diverses incitations fiscales destinées à la consommation ainsi que la production contribueraient au développement d'une industrie dont le CEA et AREVA qui a changé de nom pour s'appeler ORANO sont les opérateurs désignés.

Les énergies fossiles

Concernant les énergies fossiles, François Hollande désignant le gaz de schiste a déclaré que « pour l'instant, il n'était pas question de l'exploiter en France ». Mais, prudent a ajouté, « il ne faut jamais rien écarter, surtout si des recherches démontrent qu'on peut obtenir ce gaz sans nuire à la nature ». Alors que la France veut réduire la part du nucléaire dans son bouquet énergétique et ferme la porte à l'exploitation des gaz de schiste, elle souhaite vendre des réacteurs nucléaires à la Pologne et y lancer l'exploitation du gaz de schiste avec la participation du pétrolier Total.
Rétablissement d'une TIPP « flottante » (baisse des taxes sur le carburant lorsque le prix du baril de pétrole monte et augmentation de ces TIPP lorsque les cours baissent).

Les économies et l'efficacité énergétique

Concernant les économies et l'efficacité énergétique, « Un vaste plan qui permettra à 1 million de logements par an de bénéficier d’une isolation thermique de qualité ». « Des mesures de protection des consommateurs avec un tarif de base pour l'essentiel et un tarif progressif pour le confort ».

D'après ORANO ex AREVA

96 % des déchets sont recyclés et 4 % d'après les spécialistes des associations qui siègent au Haut comité pour la transparence et l'information sur la sécurité nucléaire. En réalité, 15 % sont expédiés en Russie pour y être enrichis et le reste va rejoindre les quelques 22000 tonnes stockées au Tricastin plus les 260000 tonnes d'uranium appauvri d'origine naturelle. Les combustibles irradiés sont transportés à la Hague, deux tiers sont soumis à un traitement complexe : les crayons d'uranium enrichi sont cisaillés puis dissous dans de l'acide nitrique. La solution obtenue est un mélange d'uranium, de plutonium et de produits de fission. Il faut filtrer ces éléments, les épurer et les séparer. L'usine de la Hague coûte 1 milliard d'euros par an et occasionne d'importants rejets gazeux et liquides responsables de 80 % des doses collectives de toute l'industrie Française. Le MOX « oxyde mixte d'uranium et de plutonium » est un combustible fabriqué par Areva et employé dans l'Hexagone depuis 1987.

La radioactivité du plutonium

  • Le plutonium possède un taux de radioactivité considérablement plus élevée que celle de l'uranium enrichi, ce qui représente un risque supplémentaire en cas d'accident nucléaire, le MOX contient 5 à 10 % de plutonium.
  • Après une demande d'EDF en avril 2010 d'utiliser plus de MOX au Blayais, l'Autorité environnementale avait obtenu un an plus tard une suite favorable au dossier, puis suite une enquête publique fin 2011, l'Autorité de sécurité nucléaire avait émis un avis favorable en octobre 2012. L'ASN avait considéré « que l'expérience acquise depuis 1987 sur l'utilisation du MOX dans les réacteurs nucléaires français n'a pas fait apparaître de comportement du combustible différent en exploitation de celui du combustible à l'uranium enrichi ».
  • Le ministère de l'Écologie et de l'Énergie a déclaré dans un communiqué que le MOX déjà utilisé dans les réacteurs 1 et 2 de la centrale du Blayais proche de Bordeaux pourrait être employé dans les autres réacteurs 3 et le 4, ce qui portera à 22 réacteurs sur 58 le nombre de réacteurs français utilisant le combustible MOX.
  • Les quatre réacteurs du Blayais (900 mégawatts chacun) font partie de la génération de réacteurs la plus ancienne actuellement en fonctionnement en France.

Les détracteurs des énergies alternatives

Les détracteurs des énergies alternatives oublient qu'aucune de ces énergies renouvelables et autres n’a bénéficié des soutiens publics colossaux qui ont accompagné depuis l’origine le développement de l’énergie nucléaire en France. Le but initial était bien sûr de développer du plutonium dans la course aux armements. Tout en ignorant le danger improbable imprévisible d'une catastrophe nucléaire lié à la puissance destructive de l'atome, non maîtrisable, incontrôlable, dont le pouvoir effrayant, radiatif, invisible et polluant s'étale dans le temps et dans l’espace.

Fukushima : les faits sont là,

mais seul le discours officiel a changé, car l'on est passé d'un risque zéro à un risque calculé ou du risque peu probable au risque imprévisible. D'autres techniques comme l'hydraulique avec les barrages, production au fil de l’eau, l'éolien, le solaire photovoltaïque public et en auto consommé, la géothermie à basse température ou à haute température, les énergies marines marémotrices, l'énergie des vagues, les hydroliennes utilisant les courants marins, l'énergie thermique des mers, etc. Il est possible de se passer du nucléaire, sans se priver d’électricité et sans retourner à la bougie ou aux cavernes. La priorité qui s’impose est de réduire toutes énergies y compris les consommations d’énergie électrique par la sobriété et l’efficacité énergétique.

La taxe carbone

Concernant la taxe carbone, François Hollande avait évoqué au printemps 2011 une contribution carbone réservée aux entreprises réalisant un chiffre d'affaires supérieur à 500 000 euros. Il avait également évoqué une « taxe carbone aux frontières » qui frapperait tous les produits importés.

La fiscalité réduite et la taxe carbone.

L'ancien ministre Jean Louis Borloo avait assuré que la taxe carbone imposée dès 2011 aux producteurs ne serait pas répercutée sur le consommateur final.

Le gouvernement avait présenté le 10 juin 2009 devant les députés le Livre blanc de la contribution énergie climat, ou « taxe-carbone ». L'idée de cette « taxe-carbone » avait été défendue par le Pacte écologique de Nicolas Hulot lors des présidentielles de 2007. Elle prévoyait d'instaurer une taxe sur les émissions de gaz à effet de serre liées aux énergies fossiles dans les transports et dans l'habitat.

Parmi les autres annonces figure la mise en place d'une « fiscalité réduite » pour les « produits propres », l'organisation d'États généraux des énergies renouvelables, ou encore le changement de nom du CEA et de l'IFP pour intégrer leur composante renouvelable.
Jean-Louis Borloo avait alors présenté un Livre Blanc sur la « contribution énergie climat », prévoyant une taxe carbone destinée à inciter les producteurs d'énergie, les entreprises et les particuliers, à réduire leur consommation polluante. Le but étant de les inciter à opter pour les énergies renouvelables.

Les énergies renouvelables

Le pétrole, le gaz fossile, le charbon et le nucléaire posent des problèmes que l'on ne peut nier et pas seulement le CO2, la véritable indépendance énergétique doit passer par une politique volontariste d’économies d’énergie et d’efficacité énergétique dans une sobriété heureuse.
On produit avec ce que l'on a tant que les réacteurs ne sont ni trop vieux ni trop dangereux et l'on commence à coupler le réseau avec des énergies renouvelables (hydraulique, solaire, éolien), seules énergies vertueuses et sûres qui n'entraînent pas de conflits tout en permettant de faire face à la crise climatique.

Accident nucléaire

De l'improbable à l'imprévisible accident nucléaire.

Prix des énergies


Par respect pour l'environnement, merci de n'imprimer cette page qu'en cas de nécessité. Pourquoi ?



Recherche de mots clefs dans les articles

18 articles

Fin des articles