Le gouvernement aurait-il pu éviter la hausse de l'électricité ?

Temps de lecture: 5 min , Dernière mise à jour: 11/02/2024
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Sous la pression de Bruxelles, la France a scindé EDF de GDF [1] et progressivement a déséquilibré l'électricien en l'obligeant à vendre à prix coûtant l'électron à des sociétés « concurrentes » qui rachètent de l'électricité pour la revendre avec une marge confortable tout en se réservant le droit lorsque les prix flambent d'arrêter cette commercialisation.

L'électricité immatérielle

L'électricité est une dépense contrainte des ménages et une ressource stratégique du développement de l’industrie. L’électricité est un bien économique impossible à stocker à grande échelle. Il faut donc produire le courant que l’on utilise et consommer l’énergie produite à chaque instant.

EDF souffre d'un énorme déficit : quelles sont les causes des pertes et de la dette ?

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Causes des hausses de l'électricité

La Commission européenne voulait briser le monopole d'EDF : c'est réussi ! EDF est en quasi faillite avec un déficit abyssal de 64.5 milliards dû également à une mauvaise gestion avec des dépenses pharaoniques dans des projets coûteux et des dépenses superfétatoires notamment en publicité. L'ouverture des marchés due aux injonctions de l’Europe a d'abord fait flamber les prix de l'électricité :

  • 2000 - Mise en place de la Commission de Régulation de l’Électricité (CRE) chargée de veiller à l’accès équitable de tous les acteurs du marché au réseau de transport.
  • 2006 : La déréglementation du marché de l'électricité a dégradé les services d'EDF
  • 2010 : La Loi NOME a imposé à EDF de céder 1 quart puis 1 tiers à une centaine de « fournisseurs alternatifs », « véritables épiciers », à un tarif bloqué à 42 euros le MWh même lorsque le coût pour l'électricien est de 200 euros le MWh et ce, pendant 15 ans.
  • 2021 - Le 1er janvier marquait la fin du tarif réglementé de l’électricité pour les professionnels.
  • 2022 : La hausse due à l'augmentation du prix des sources énergétiques primaires combustibles fossiles charbon, pétrole brut, gaz a entraîné une forte hausse. des prix de l'électricité. Si le rayonnement solaire, le vent, l'hydraulique, etc. sont mis en avant comme des énergies « vertes ».
  • 2022-2023 : Création du bouclier tarifaire qui comprend la baisse de l'ex CSPE (Contribution au Service Public de l’Électricité) la TICFE à 1 euro.
  • 2024 : Rétablissement de l'accise sur l'électricité nouveau nom de la TICFE passant de 1 à 21 euros. La raison de la hausse des tarifs électriques du 1er février 2024.
  • 2025 : fin du tarif réglementé de l’électricité pour les particuliers.

Les pro-nucléaires

Pour eux, la France aurait été victime d'une politique antinucléaire initiée par L'Autriche et l'Allemagne qui souhaitait développer fortement les « énergies renouvelables » qui n'ont rien de « vert »... comme le nucléaire d'ailleurs. Pour ces adeptes des réacteurs atomiques, la France aurait fait 2 erreurs :

  • Abandonner la production nucléaire nationale en s'ouvrant aux marchés des traders.
  • Remplacer les centrales pilotables par des ENRi (Énergies Renouvelables Intermittentes).

Leurs solutions

Faire durer les 58 réacteurs nucléaires et remplacer les réacteurs de 3ème génération par des surgénérateurs réemployant les 320 000 tonnes d'uranium appauvri qui encombrent les décharges*. Pour eux, le choix de l'éolien et des fermes solaires photovoltaïques auraient coûté 100 à 150 milliards en 20 ans soit le coût d'une dizaine de réacteurs. Mais la France n'a ni le 1er milliard et ni les compétences pour construire un réacteur dont l'essai en grandeur nature à Flamanville est un désastre économique.

* environ 100 000 m3 de déchets à très haute activité et longue durée de vie pour lesquels malheureusement aucune solution satisfaisante à long terme n’existe.

Les conséquences économiques

L'économie française souffre en raison du poids du coût de l'électricité qui pèse sur le pouvoir d'achat des ménages, sur l’inflation et sur les entreprises. La compétitivité de notre industrie n'est pas optimale vis-à-vis des autres pays (toutes les autres puissances économiques mondiales).

La libéralisation ne signifie ni dérégulation ni simplification du fonctionnement du système économique, en effet, la « concurrence libre et non faussée », qui était censée faire baisser les prix n'a fait que faire gonfler les tarifs pour les consommateurs français. Malheureusement, en raison de la situation du budget exsangue de la France, le ministre du Budget ne pouvait pas faire l'impasse sur la possibilité de prélever une nouvelle taxe pour équilibrer les recettes.

Les énergies vertes et polluantes

Dans le monde, les filières d’électricité renouvelables (éolien, photovoltaïque, biomasse, etc.) se développent avec une constante chute des coûts, sur des marchés en très forte croissance avec en corollaire un énorme prélèvement de ressources qui dégradent la planète et sont responsables de 53% des gaz à effet de serre.

Sources

[1] La loi du 8 avril 1948 avait donné naissance à Électricité de France (EDF) et Gaz de France (GDF) l'opérateur national issu de la nationalisation d'environ 1 400 compagnies d’électricité et de gaz.




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