Fin du gaz en construction neuve : interdiction des chaudières et boom des pompes à chaleur

Temps de lecture: 9 min , Dernière mise à jour: 19/05/2026
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La fin du chauffage au gaz dans le neuf est désormais actée. Le gouvernement français accélère la sortie du gaz qualifié de fossile dans le bâtiment. À compter du 1er janvier 2027, les chaudières gaz seront interdites dans toutes les constructions neuves. Cette annonce marque une nouvelle étape de ce concept de transition énergétique qui n'est qu'un leurre comme les énergies dites renouvelables auxquelles beaucoup de citoyens croient parce qu'on leur a expliqué qu'elles vont "sauver la planète et "économiser le CO2". Cette obligation est imposée par la réglementation environnementale RE2020.

Une décision qui bouscule le secteur du chauffage

Le Premier ministre a également fixé deux autres objectifs majeurs :

  • sortir 2 millions de logements sociaux du gaz avant 2050 ;
  • atteindre un million de pompes à chaleur installées chaque année d’ici 2030.

Cette décision bouleverse l’ensemble du secteur du chauffage, des promoteurs immobiliers aux fabricants de chaudières, en passant par les bailleurs sociaux et les installateurs.

Une interdiction des chaudières gaz dès janvier 2027

L’annonce gouvernementale prévoit l’arrêt complet des chaudières gaz dans les bâtiments neufs à partir du 1er janvier 2027. Même si le périmètre exact n’a pas encore été détaillé officiellement, cette interdiction devrait concerner :

  • les maisons individuelles ;
  • les logements collectifs ;
  • les bâtiments tertiaires ;
  • certains bâtiments industriels neufs.

Dans les faits, la RE2020 avait déjà fortement réduit l’usage du gaz dans la maison individuelle neuve. Cette nouvelle étape acte la disparition du gaz dans toute la construction neuve française. Unité extérieure de pompe à chaleur air/eau. Photo Picbleu.

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Le gaz déjà en fort recul dans les logements neufs

Le chauffage au gaz perd du terrain depuis plusieurs années. Selon les données du SDES, seulement 22 % des logements neufs étaient encore chauffés au gaz en 2020. Dans les maisons individuelles, les pompes à chaleur sont déjà devenues la norme sous l’effet de la RE2020.

Le marché des chaudières gaz reste toutefois important en rénovation. D’après les statistiques publiées par Uniclima, le marché français des chaudières gaz et fioul a atteint environ 422 000 unités en 2025, dont plus de 80 % destinées au remplacement d’équipements existants.

L’interdiction dans le neuf représenterait néanmoins la perte de plusieurs dizaines de milliers d’installations annuelles pour les industriels français.

Les fabricants français de chaudières fragilisés

Cette décision gouvernementale inquiète fortement les fabricants français spécialisés dans le chauffage gaz. Parmi les industriels concernés figurent notamment :

  • Atlantic ;
  • Chappée ;
  • De Dietrich ;
  • Elm leblanc ;
  • Frisquet.
  • Perge
  • Saunier Duval ;

Le secteur reproche surtout au gouvernement une absence de concertation préalable. Les industriels craignent et redoutent ce qui va en découler :

  • une baisse des volumes ;
  • des suppressions d’emplois ;
  • le rachat des sociétés par des fonds américains
  • une accélération des importations d’équipements étrangers ;
  • une fragilisation du savoir-faire français dans le chauffage thermique.

Les pompes à chaleur vont devenir incontournables

On le constate, l'électrification du pays est en marche même si l'électricité est vendue à un tarif élevé : la production électrique étant supérieure à la consommation en baisse, il faut trouver des débouchés pour créer de la demande. Avec la disparition progressive du gaz, les solutions électriques deviendont dominantes dans les bâtiments neufs.

Quelles sont les alternatives imposées ?

Les principales alternatives seront désormais :

  • les pompes à chaleur air/eau ;
  • les pompes à chaleur air/air ;
  • les chauffe-eaux thermodynamiques ;
  • les radiateurs électriques performants ;
  • les réseaux de chaleur urbains.

La pompe à chaleur est imposée comme la technologie centrale de la transition énergétique du bâtiment. La pompe à chaleur n'est toutefois pas universelle.

Une domination déjà installée en maison individuelle

Et surtout dans l'esprit du grand public ! Dans les maisons neuves, les PAC air/eau sont déjà très largement utilisées pour respecter les exigences de la RE2020 sur les émissions carbone. Elles permettent :

  • le chauffage ;
  • la production d’eau chaude sanitaire ;
  • parfois le rafraîchissement estival;
  • Attention toutefois aux PAC appelées "clim réversibles"qui augmentent votre facture d'électricité annuelle, brassent l'air et les polluants en suspension et demandent en plein été aux centrales nucléaires en maintenance de produire alors que les cours d'eau sont bas.

Le casse-tête du logement collectif

La situation est beaucoup plus complexe dans les immeubles collectifs.

Les promoteurs évitent désormais les chaufferies collectives, jugées coûteuses et difficiles à exploiter. Pourtant, installer une pompe à chaleur individuelle dans chaque appartement pose plusieurs problèmes :

  • manque de place ;
  • bruit ;
  • intégration des unités extérieures ;
  • contraintes architecturales ;
  • maintenance.

De nouvelles solutions apparaissent néanmoins avec des pompes à chaleur intérieures spécialement conçues pour le collectif. Parmi elles :

  • le Zé7 développé par Intuis ;
  • le NanoClima HDX du fabricant basque Domusa Teknik
  • la OptiPac MR32 une pompe à chaleur air/eau monobloc du fabricant français Perge.

Ces équipements fonctionnent sans groupe extérieur visible et permettent de produire chauffage, eau chaude sanitaire et parfois rafraîchissement.

Deux millions de logements HLM devront abandonner le gaz

Le gouvernement vise également la sortie du gaz dans le parc social d’ici 2050. Plusieurs solutions sont envisagées selon les configurations :

1. Raccordement aux réseaux de chaleur

Lorsque les immeubles sont situés à proximité d’un réseau urbain, le raccordement devient souvent la solution privilégiée. Les réseaux de chaleur utilisent généralement :

  • la biomasse ;
  • la récupération de chaleur industrielle ;
  • l’incinération des déchets ;
  • la géothermie;
  • parfois le gaz naturel...

L’Élysée utilise le gaz en appoint après le remplacement de chaudières fioul en 2022-2023. Le schéma actuel annoncé est un chauffage combinant géothermie sur site (eau souterraine à 12-14 degrés une température insuffisante pour chauffer un bâtiment construit en 1740) et réseau de chaleur urbain alimenté notamment par biomasse, biométhane, géothermie, valorisation énergétique des déchets et gaz naturel.

2. Remplacement des chaufferies gaz

Les chaufferies collectives pourront être remplacées par :

  • des pompes à chaleur haute température ;
  • des systèmes hybrides ;
  • des solutions centralisées électriques.

3. PAC individuelles dans les logements

Pour les bâtiments équipés de chaudières murales individuelles gaz, les bailleurs devront souvent installer des pompes à chaleur compactes à l’intérieur des logements. Cette transformation représente un chantier colossal pour le parc HLM français.

Le défi industriel du million de pompes à chaleur

Le gouvernement souhaite atteindre un million de pompes à chaleur installées chaque année d’ici 2030.
Selon Uniclima, les ventes annuelles en France atteindrait déjà :

Le danger d'imposer une solution unique

Plusieurs difficultés subsistent liées à une forte dépendance aux importations, car une grande partie des pompes à chaleur air/air est fabriquée en Asie ou en Europe de l’Est. La France conserve surtout une production nationale sur :

  • les PAC air/eau (rares sont les sociétés qui fabriquent TOUS les composants sur le sol national);
  • certains équipements thermodynamiques ;
  • les chaudières hybrides.

Le risque est donc de remplacer une dépendance énergétique au gaz par une dépendance industrielle aux équipements importés. C'est déjà le cas sur un autre sujet :la voiture électrique notamment chinoise qui supprime toute l'industrie automobile française avec ses sous-traitants. La solution trouvée par l'Europe : surtaxer ces véhicules. La riposte chinoise : installer en un temps record des mégas usines en Europe dans des pays à bas coût salarial pour s'affranchir des taxes. Pour les pompes à chaleur ce sera la même chose !

Quel avenir pour le solaire thermique ?

Si voulez voir des installations solaires thermiques, allez en Espagne ou au Portugal : ces pays ont compris l'intérêt de la décentralisation et d'une énergie gratuite sans rejet. En France, le solaire thermique reste marginal (localisé surtout paradoxalement en Alsace) malgré ses performances énergétiques.

Ce secteur moribond souffre :

  • d’un manque total de soutien politique ;
  • de coûts d’installation élevés : logique puisque le solaire n'est pas du tout mis en avant;
  • de la concurrence directe des pompes à chaleur.

Malheureusement, l’interdiction du gaz dans le neuf ne va pas suffire à relancer cette filière, pourtant pertinente pour la production d’eau chaude sanitaire collective.

RE2020 : vers un bâtiment 100 % électrique ?

Avec cette nouvelle orientation gouvernementale, la construction neuve française s’oriente progressivement vers des bâtiments presque entièrement électriques. Les concepteurs devront désormais concilier de nombreux facteurs parfois délicats à mettre en oeuvre :

  • performance énergétique ;
  • confort d’été ;
  • coût de construction ;
  • sobriété carbone ;
  • adaptation du réseau électrique.

In cauda venenum

La disparition du gaz dans le neuf transforme profondément l’architecture énergétique des bâtiments français et ouvre une nouvelle phase programmée de la "transition énergétique". Un concept discutable lié à une consommation effrénée des ressources que la Terre offre, mais polluée par un capitalisme brutal et écervelé donnant une illusion verte grâce aux médias dopés au technosolutionnisme absolu dont l'IA (Intelligence dite artificielle) fait partie.



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