Atome risques nucléaires radioactivité déchets protection

Temps de lecture: 9 min , Dernière mise à jour: 28/03/2024
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Les risques d'accident nucléaire sont passés du risque improbable au risque imprévisible. La perte du refroidissement est la pire catastrophe qui pourrait arriver à une centrale nucléaire.

Le nucléaire

Une centrale nucléaire sert à chauffer de l’eau à 320 ° sous une pression donnée ou de la faire bouillir afin de produire de la vapeur à 300 °, l'eau portée à haute température produit de l’électricité grâce à un turboalternateur, comme dans une simple chaudière à charbon, à fioul ou à gaz. La chaleur dégagée par le combustible est évacuée par de l’eau pour les réacteurs à eau sous pression ou par de la vapeur produite par l’ébullition de l’eau pour les réacteurs à eau bouillante.

Un réacteur nucléaire est donc une chaudière dans laquelle la chaleur au lieu d’être produite par la combustion d'un combustible classique est produite par la fission des noyaux d’uranium 235 contenus dans le combustible constitué de « crayons » d’uranium ou d’oxyde d’uranium. La réaction en chaîne est issue de la fission nucléaire. Ces explosions de noyaux d’uranium donnent naissance à des produits de fission propulsés à haute vitesse et provoquent la montée en température du combustible. Cette réaction est particulièrement instable et fortement radioactive, émettant des rayonnements qui produisent un réchauffement du combustible. L’inconvénient de cette production de chaleur est la production de matières radioactives extrêmement dangereuses.

Les matières radioactives doivent être confinées au cœur du réacteur et éviter la contamination qui pourrait s’échapper du réacteur du fait d’un accident. Le moyen pour arrêter la réaction en chaîne par exemple pour remplacer les combustibles usés par des combustibles neufs est d'utiliser des barres de contrôle dont le matériau absorbe les neutrons. Les produits de fission radioactifs produisent une intense chaleur et il est impératif de refroidir les combustibles par circulation d’eau de refroidissement. Il existe de nombreux autres moyens de produire de l’électricité sans faire bouillir de l’eau qui participe au réchauffement et à la production de vapeur d'eau dans les tours de refroidissement.

Perte du refroidissement

Cette panne peut être due à des défaillances techniques lés au fonctionnement des systèmes de sécurité comme :

  • en 1979 l'accident de Three Mile Island aux États-Unis, soit par la perte d’alimentation électrique des pompes soit une défaillance du réseau avec la panne de groupes électrogènes diesels de secours,
  • à cause d’une inondation à la centrale du Blayais en Gironde en 1999,
  • par la destruction de la salle des machines comme l'accident de Fukushima au Japon en 2011 toujours en cours à cette heure ! même si les médias n'en parlent jamais.

Lorsque le cœur du réacteur n’est plus refroidi, la chaleur résiduelle fait fondre partiellement ou totalement le combustible. La destruction interne du réacteur, mais aussi à la projection à l’extérieur de quantités plus ou moins considérables de gaz et de matières radioactives.

Les détracteurs de ces énergies alternatives oublient qu'aucune de ces énergies n’a bénéficié des soutiens publics colossaux qui ont accompagné depuis l’origine le développement de l’énergie nucléaire. Le but initial était bien sûr de développer du plutonium dans la course aux armements. Tout en ignorant le danger improbable imprévisible d'une catastrophe nucléaire lié à la puissance destructive de l'atome, non maîtrisable, incontrôlable, dont le pouvoir effrayant radiatif, invisible et polluant s'étale dans le temps et dans l’espace. Les faits sont là, mais seul le discours officiel a changé, car l'on est passé d'un risque zéro à un risque calculé.

D'autres techniques comme l'hydraulique avec les barrages, production au fil de l’eau, l'éolien, le solaire photovoltaïque public et en auto consommé, la géothermie à basse température ou à haute température, les énergies marines marémotrices, l'énergie des vagues, les hydroliennes utilisant les courants marins, l'énergie thermique des mers, etc. Il est possible de se passer du nucléaire, sans se priver d’électricité et sans retourner à la bougie ou aux cavernes. La priorité qui s’impose est de réduire toutes énergies y compris les consommations d’énergie électrique par la sobriété et l’efficacité énergétique.

Les médias

« Le nucléaire, c’est ce qui nous permet de produire beaucoup d’énergie tout en rejetant très peu de CO2 » peut-on lire sur des sites internet. C'est en partie vrai, mais il manque quelques détails (extraction de l'uranium, production, rejets radioactifs et stockage des déchets) qui ont un très grand impact sur l'environnement. Un article très fouillé de Reporterre détaillait les dessous de la communication.

Catastrophe de Fukushima

Toujours en cours, car les radiations ont une durée plus longue que les reportages des médias, la catastrophe nucléaire Japonaise de mars 2011 des centrales atomiques de Fukushima a impacté la terre entière avec des particules radioactives. Elle a démontré que le risque zéro n'existait malheureusement pas. Les plus grands défenseurs du nucléaire civil sont donc passés du « risque zéro ». au « risque calculé ».

Ce drame écologique (10 000 tonnes d'eau radioactive déversées dans la mer selon les déclarations officielles du 3 avril 2011) puis la déclaration d'impuissance de l'opérateur Japonais Tepco qui a déclaré stocker dans des réservoirs les 400 tonnes d'eau journalières contaminées utilisées pour refroidir les réacteurs. Cette catastrophe sans précédent digne d'un film de science fiction catastrophe allait-il marquer un tournant pour les politiques énergétiques ?

10000 tonnes d'eau radioactive déversées dans la mer en 2011 et combien de milliers de tonnes à ce jour ?

mer-et-océan.png


Un accident gravissime

Il a sérieusement ébranlé la confiance du public dans la sûreté nucléaire, même si les autorités minimisaient les faits et se montraient rassurantes. Lors de la catastrophe de Tchernobyl, il aura fallu plus de 20 ans au secteur nucléaire pour pouvoir amorcer un nouveau cycle de construction de capacités. Mais suite à cet événement dramatique, les pouvoirs publics vont devoir privilégier le renforcement des normes de gouvernance et de sûreté applicables au secteur nucléaire entrainant des coûts supplémentaires énormes pour le nucléaire rendant cette énergie moins attrayante d'un point de vue économique.

La part du nucléaire dans le mix énergétique mondial est infime. Le gaz naturel et le charbon sont plébiscités à court terme même s'ils demeurent moins attractifs en termes de risque géopolitique (pour le gaz) et d'empreinte carbone élevée (pour le charbon).

De nombreux pays à long terme n'auront comme solution que de se tourner vers l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables pour disposer de sources d'approvisionnement en énergie sûre et propre.

À l'heure actuelle, l'énergie nucléaire ne représente que 6 % de la production d'énergie primaire à travers le monde et près de 10.2 % de l'électricité mondiale. Le Japon est le troisième producteur d'énergie nucléaire au monde en valeur absolue, derrière les États-Unis et la France (en pourcentage de la production électrique, le nucléaire représente près de 30 % au Japon, 28 % dans l’UE et 20 % aux États-Unis).

Inventaire déchets radioactifs

Fin 2004, après plus de 50 années de programmes nucléaires, un inventaire exhaustif des déchets radioactifs a été réalisé pour la première fois en France par les pouvoirs publics.

Derrière l’appellation unique et connue du grand public nommée « déchets radioactifs » se cache en réalité un ensemble complexe de « colis » et de matières aux caractéristiques très variées, présentant des risques extrêmement divers. Ces « colis » et matières se distinguent notamment par la nature et l’intensité de leur radioactivité, leur durée de vie, ou encore leurs spécificités physico-chimiques. Les déchets radioactifs produits en France principalement par l’industrie électronucléaire (mais également pour la recherche, la défense, l’industrie et la médecine…) forment une gamme très étendue de produits et de sous produits.

Les sites gouvernementaux, scientifiques et associations ANDRA, AIEA, IRSN, AEPN, Politique Autrement, Site de la commission européenne, Greenpeace, CRIIRAD, Réseau Sortir du Nucléaire, donnent un éclairage différent sur le nucléaire et posent la question de la pertinence du choix de cette industrie mal maitrisée qui en 2011 suite à la catastrophe nucléaire du Japon a basculé du « zéro risque » au « risque calculé ».

Carte France sites nucléaires

La France fait partie des pays les plus nucléarisés. Cette carte permet de voir les implantations nucléaires sur le territoire national.

Carte-implantation-réacteurs-centrales-nucléaires-France.png

Déchets sous surveillance

Les centres de stockage de déchets nucléaires sont « sous surveillance » :

Déclaration de l'ANDRA

« Du fait de leur activité, les centres de stockage rejettent de la radioactivité. Tout est mis en œuvre pour limiter au maximum ces rejets. Qu’ils soient fermés ou en exploitation, les centres font l’objet d’une surveillance régulière afin de vérifier que leur impact sur l’environnement et les populations voisines reste toujours largement inférieur à celui de la radioactivité naturelle ».

Un inventaire, réalisé par l’ANDRA tous les 3 ans, recense une centaine de types de déchets radioactifs présentant des « caractéristiques homogènes » et laisse de côté les entreposages de matières dites « valorisables ».

Les produits employés

La centrale de Golfech Tarn et Garonne exploite des tours de refroidissement 2 tranches de 1300 MW . Certains produits sont utilisés dans le circuit primaire et sont associés aux effluents radioactifs. Il s’agit par exemple de l’acide borique qui absorbe les neutrons, de l’hydrazine pour éliminer l’oxygène, de lithine pour limiter la corrosion.

Centrale nucléaire de Golfech sur la Garonne Photo Picbleu

centrale-nucléaire-de-Golfech.png

La publicité d'EDF

Une pub d'AREVA filiale d'EDF tombée en faillite puis remplacée par ORANO a été élaborée avec les moyens coûteux d'un film long métrage. Elle vantait les avantages du nucléaire.

bobine-de-film-histoire-du-nucléaire.png

Le greenwashing

Très efficace, il lave surtout les cerveaux de ceux qui croient au "vu à la télé".

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