Le gaz naturel baisse en juin 2026, mais son déclin se confirme
Sommaire
- Une correction technique plus qu'une véritable baisse
- Ne faites pas la confusion entre gaz de ville et GPL
- Un prix toujours dépendant des marchés mondiaux
- Le gaz reste moins cher que l'électricité pour se chauffer
- Une énergie progressivement écartée des constructions neuves
- Une énergie de transition plus qu'une énergie d'avenir
- Conclusion : une baisse qui soulage sans changer la tendance
Une correction technique plus qu'une véritable baisse
Le prix repère passe ainsi de 160,54 €/MWh TTC à 152,86 €/MWh TTC.
Détail juin 2026 | Cuisson/eau chaude | Chauffage | ||
Hors taxes | TTC | Hors Taxes | TTC | |
Abonnement (en €/an) | 109.17 | 147.24 | 240.57 | 343.90 |
Prix par kWh moyen (en €/kWh) | 0.10738 | 0.14052 | 0.08185 | 0,11789 |
Prix par kWh fourchette basse (en €/kWh) | 0.10348 | 0.14385 | 0.07383 | 0.10826 |
Prix par kWh fourchette haute (en €/kWh) | 0.10548 | 0.15824 | 0.09751 | 0.13668 |
Il est possible de voir l'évolution du prix du gaz naturel depuis janvier 2025. On constate que l'abonnement devient encore plus élevé depuis le 1er janvier 2026. Synthèse : Le gaz naturel affiche une stabilité toute relative en 2026 avec une légère baisse de -1,5% du prix repère kWh (CRE) en février 2026, mais avec augmentation de 3,8 % par rapport à février 2026 soit 0,51 centime par kWh de hausse. Les perspectives pourtant étaient baissières à moyen terme (PEG : 26 €/MWh CAL 2026 vers 24 €/MWh en 2027). Cette évolution modérée contraste avec les fluctuations historiques et soutient la compétitivité face aux autres énergies comme l'électricité (notamment tarif TEMPO) pour les foyers utilisant une pompe à chaleur électrique.
La CRE explique cette évolution par la détente observée sur les marchés de gros du gaz au cours du mois d'avril. Les tensions spéculatives provoquées par les premières semaines du conflit au Moyen-Orient se sont partiellement apaisées, entraînant une baisse des coûts d'approvisionnement.
Cependant, il convient de relativiser cette diminution.
Pour les usages cuisson et eau chaude, le prix moyen du kilowattheure reste à 14,85 centimes d'euro TTC, contre 13,49 centimes en avril.
Pour les usages chauffage, il atteint encore 11,79 centimes d'euro TTC, alors qu'il était de 10,41 centimes en avril.
Autrement dit, malgré le recul de juin, les consommateurs continuent de payer leur gaz nettement plus cher qu'avant la crise géopolitique du printemps.
Ne faites pas la confusion entre gaz de ville et GPL
- Le gaz naturel (appellation commerciale du méthane) nommé gaz de ville par la population est du CH4 distribué par réseau dans les zones urbaines, proposé par des fournisseurs historiques et alternatifs.
- Le gaz propaneest du gaz liquéfié (C3 H8) livré en citerne dans les zones non raccordées, avec un marché plus contractuel dominé par quelques grands gaziers étrangers.
Dans ce contexte, comparer les offres devient indispensable. Prix du kWh, abonnement, frais annexes, durée d’engagement, conditions de résiliation : les écarts peuvent être significatifs selon le type de gaz et le fournisseur choisi.
Remarque importante :ces 2 types de gaz sont commercialisés différemment.
Un prix toujours dépendant des marchés mondiaux
La baisse de juin rappelle une réalité souvent oubliée : le prix du gaz en France dépend largement des marchés internationaux.
Depuis la disparition des tarifs réglementés de vente du gaz au 30 juin 2023, le prix repère publié chaque mois par la CRE sert de référence indicative. Il ne constitue pas une offre commerciale, mais permet aux particuliers de comparer
- les contrats proposés par les fournisseurs.
- les coûts d'approvisionnement sur les marchés ;
- les coûts d'acheminement et de stockage ;
- les taxes décidées par l'État. (Rappelons que la taxe sur l'abonnement est passée de 5.5% à 20% dans l'indifférence générale avec comme prétexte que Bruxelles ne voulait pas 2 TVA différentes dans une facture !).
Seule la composante "approvisionnement" varie fortement d'un mois à l'autre. Les consommateurs restent ainsi exposés à des événements géopolitiques parfois très éloignés de leur lieu de consommation.
Un conflit au Moyen-Orient, une grève dans un terminal méthanier américain ou une vague de froid en Asie peuvent désormais influencer directement les factures françaises.
Le gaz reste moins cher que l'électricité pour se chauffer
Malgré ces fluctuations, le gaz naturel conserve aujourd'hui un avantage économique important : son coût au kilowattheure demeure inférieur à celui de l'électricité. Et qu'on avance pas comme argument qu'une pompe à chaleur dont le COP pour une maison classique est généralement de 2.9 (source étude ADEME 2025) coûte moins cher ; il faut intégrer dans le calcule l'investissement souvent d'au moins 12 000 euros. Même si vous enlevez les primes rajoutez au prix de la facture électrique le montant divisé par 10 ans (ne croyez pas aux vendeurs qui vous disent qu'une PAC dure 17 ans. Au bout de 10 ans les pèces pour les pompes à chaleur ne sont plus disponibles. On est pas loin de l'obsolescence programmée de l'électroménager qui pourtant semble interdite.
Pour les logements équipés d'un chauffage central performant, notamment les chaudières à condensation récentes, le coût annuel du chauffage reste généralement plus faible qu'avec des convecteurs électriques classiques.
Cette réalité explique pourquoi plusieurs millions de logements continuent à utiliser le gaz naturel comme énergie principale de chauffage.
Toutefois, cet avantage économique doit être nuancé.
Les coûts d'abonnement augmentent régulièrement, les taxes évoluent fréquemment et les investissements nécessaires pour remplacer ou entretenir les chaudières deviennent de plus en plus élevés.
Une énergie progressivement écartée des constructions neuves
La baisse du prix du gaz en juin 2026 ne modifie pas la tendance lourde observée depuis plusieurs années.
Sous l'effet de la réglementation environnementale RE2020, le gaz naturel est désormais largement exclu des logements neufs et sera même interdit en janvier 2027.
Les constructeurs privilégient désormais :
- les pompes à chaleur ;
- les réseaux de chaleur ;
- les systèmes hybrides dans une moindre mesure.
- les équipements utilisant davantage d'électricité qualifiée de renouvelable (solaire).
Cette orientation est motivée par les objectifs de réduction des émissions de dioxyde de carbone (CO₂), même si elle soulève parfois des questions sur la véracité du discours sur le coupable CO2 et sur la robustesse du système électrique lors des pics hivernaux.
Le résultat est clair : le parc de logements chauffés au gaz continue d'exister, mais se renouvelle de moins en moins.
Une énergie de transition plus qu'une énergie d'avenir
Le gaz naturel occupe aujourd'hui une position paradoxale.
D'un côté, il reste une énergie relativement économique pour de nombreux ménages, particulièrement dans les logements existants raccordés au réseau.
De l'autre, les politiques publiques orientent progressivement les investissements vers l'électricité, les pompes à chaleur et les énergies renouvelables.
Cette situation crée une incertitude pour les consommateurs.
Investir aujourd'hui dans une nouvelle chaudière gaz à condensation peut encore avoir du sens dans certaines configurations techniques, mais les perspectives à long terme sont moins favorables qu'elles ne l'étaient il y a dix ans.
Conclusion : une baisse qui soulage sans changer la tendance
La baisse de 4,8 % du prix repère du gaz au 1er juin 2026 constitue une bonne nouvelle pour les ménages concernés, mais elle ne doit pas masquer la réalité du marché.
Le gaz reste beaucoup moins coûteux que l'électricité pour de nombreux usages de chauffage, mais il demeure fortement dépendant des tensions internationales et fait face à un recul progressif dans les constructions neuves.
La légère détente observée en juin ressemble davantage à une correction après la flambée de mai qu'à un véritable retournement de tendance. Pour les consommateurs comme pour les décideurs publics, la question centrale reste donc la même : comment concilier sécurité d'approvisionnement, coût supportable et transition énergétique dans un contexte géopolitique devenu particulièrement instable ?
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