Précarité énergétique : réduire les factures d’électricité, chauffage et eau dans le logement

Temps de lecture: 12 min , Dernière mise à jour: 09/05/2026
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De nombreux lecteurs nous demandent comment réduire durablement les factures d’énergie dans le logement. Généralement ce sont des familles précaires qui subissent la hausse du coût de l’électricité, du gaz, du fioul et de l’eau. Des domaines qui pèsent de plus en plus lourd dans leur budget. Pour ces familles modestes, les dépenses de chauffage, d’eau chaude sanitaire ou d’électroménager deviennent rapidement un facteur de précarité. Pourtant, de nombreuses solutions existent afin de réduire durablement les consommations énergétiques d’un logement sans sacrifier le confort. Isolation, choix du chauffage, maîtrise des consommations cachées, entretien des équipements ou encore aides financières : chaque poste de dépense peut être optimisé.


Ce guide pratique Picbleu fait le point sur les principales sources de consommation dans l’habitat et explique comment réaliser des économies d’énergie tout en améliorant le confort et la sécurité du logement.

Qu'est-ce que la précarité énergétique ?


Elle désigne la difficulté pour un ménage à se chauffer correctement ou à payer ses factures d’énergie en raison de revenus insuffisants, d’un logement mal isolé ou d’équipements énergivores. Le logement constitue un élément essentiel de l’insertion sociale. Pourtant, de nombreuses familles vivent encore dans des habitations dégradées, humides ou mal chauffées.

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Les inconvénients des logements mal isolés

Dans un logement ancien peu isolé souvent occupé par des personnes à faible revenu, les charges de chauffage deviennent insurmontables. Les conséquences sont multiples :

  • Un inconfort thermique ;
  • Apparition d'humidité et de moisissures ;
  • Des problèmes respiratoires quelques fois ignorées;
  • Des impayés d’énergie ;
  • Parfois des difficultés sociales et financières.

Les aides d’urgence permettent parfois d’éviter les coupures, mais seules des solutions durables peuvent réellement améliorer la situation :

  • Effectuer des travaux d’isolation ;
  • Améliorer la ventilation ;
  • Remplacer le chauffage, mais niquement lorsque l'isolation a été faite ;
  • Accompagner les ménages. afin qu'ils puissent maîtriser leur consommations.

Les principales consommations d'énergie dans un logement

Dans une habitation classique, le chauffage représente la plus grande part des dépenses énergétiques. La répartition moyenne des consommations s'établit comme suit :

  • Chauffage : 56 %
  • Eau chaude sanitaire : 17 %
  • Électricité spécifique (éclairage et électroménager) : 21 %
  • Cuisson : 6 %.

Toutefois cette répartition varie selon :

  • la qualité de l’isolation ;
  • le type de chauffage ;
  • le nombre d’occupants ;
  • les habitudes de consommation.

+ 1°C augmente la facture de chauffage d'environ 7 %

Une simple augmentation de 1°C de la température intérieure peut accroître la facture de chauffage d’environ 7 %.
L'affirmation selon laquelle une augmentation de 1°C de la température intérieure accroît la facture de chauffage d'environ 7% est largement reprise, mais elle suscite des controverses en raison de sa simplification excessive.

Origine et popularité

Cette règle empirique provient d'estimations standards de l'ADEME et d'organismes comme le COSTIC, qui indiquent une hausse moyenne de 7% à 10% de la consommation pour 1°C supplémentaire, selon le type de chauffage (gaz, électricité, etc.). Elle est souvent citée pour promouvoir des économies d'énergie, comme baisser le thermostat de 19-20°C en hiver.
Critiques et limites
Des analyses récentes contestent son universalité : dans les bâtiments bien isolés (BBC ou rénovés), l'impact peut être moindre ou variable, sans ratio fixe de 7%. De plus, avec la hausse des prix de l'énergie post-2022, l'effet est jugé sous-estimé, pouvant atteindre 10-24% selon les études européennes sur les températures réelles. Facteurs comme l'isolation, la ventilation ou les habitudes influencent grandement le résultat réel.

Le chauffage : premier poste de dépense énergétique

Le chauffage reste le principal « glouton » énergétique du foyer. Le coût annuel dépend à la fois :

  • du type d’énergie ;
  • du rendement de l’installation ;
  • de la qualité de l’isolation ;
    des habitudes des occupants.

Chauffage électrique : pratique mais coûteux

Très répandu dans les logements ancients avec les célèbres "grille-pains" ou récents ou de petite surface, le chauffage électrique présente un faible coût d’installation. Cependant, son coût d’utilisation reste élevé, notamment dans les logements mal isolés. Les principaux systèmes sont :

  • les convecteurs sont les plus économiques à l’achat, mais souvent moins confortables et plus énergivores.
  • les panneaux rayonnants ;
  • les radiateurs à accumulation.

Chauffage au gaz naturel

Le gaz naturel demeurait l’une des énergies les moins coûteuses lorsque le logement est raccordé au réseau jusqu'à la fin des tarifs réglementés en juillet 2023. Une chaudière à condensation récente avec thermostat programmable permet de réduire fortement les consommations (- 20 à - 30% à condition que le logement soit correctement isolé).

Chauffage au gaz en citerne

Ce gaz propane est livré dans des réservoirs aériens ou enterrés. Il est préférable d'éviter les citernes enfouies qui coûtent plus cher à l'usage et sont plus onéreuses à retirer. Une cuve permet l'autonomie totale pour la cuisine, la production d'eau chaude et le chauffage avec le stockage de 13 800 kwh. Les prix sont libres, il faut donc choisir le bon fournisseur.

Chauffage au fioul domestique

Encore présent dans de nombreuses maisons anciennes, le fioul est resté relativement compétitif, mais dépendant fortement des fluctuations du marché pétrolier son prix est devenu dissuasif. Les anciennes chaudières consomment beaucoup plus qu’un modèle récent à haut rendement ou a condensation.

Chauffage au bois : économique

Le bois constitue une énergie qualifiée de renouvelable, mais pas à l'échelle humaine. Les arbres doivent être protégés et le bois énergie n'est intéressant que s'il est local, lorsqu’il est utilisé en petites quantités dans un appareil performant et point fondamental dans un bâtiment bien isolé. Le paradoxe c'est que pour compenser les déperditions, la tentation est de placer un appareil à bois. A la différence des appreils anciens, un poêle moderne ou un insert performant offre un bon rendement et un coût du kWh compétitif. En revanche, une cheminée ouverte possède un rendement très faible et entraîne d’importantes pertes de chaleur en fonctionnement ou à l'arrêt. Pour être efficace, le bois doit être :

  • suffisamment sec ;
  • correctement stocké ;
  • brûlé dans un appareil dont la puissance a été adaptée aux déperditions, bien posé dans les règles de l'art
  • bien entretenu
  • Le conduit doit être ramoné 2 fois par an avec un certificat de ramonage fourni par une entreprise agréé.

L'isolation : le levier le plus rentable

Une maison mal isolée « chauffe les oiseaux et les nuages ». Les déperditions thermiques entraînent des dépenses considérables.

Pourquoi l’isolation est-elle essentielle ?

L’isolation réduit :
les pertes de chaleur ;
les besoins de chauffage ;
les sensations d’inconfort ;
les risques de condensation.


Dans une maison ancienne non isolée, les besoins de chauffage peuvent être jusqu’à 3 fois supérieurs à ceux d’un logement correctement isolé. il existe des zones prioritaires à isoler ainsi les travaux les plus efficaces concernent :

  • les combles ;
  • la toiture ;
  • les murs ;
  • les planchers bas ;
  • les fenêtres.


L’isolation des combles représente le meilleur rapport coût/économies.

Attention aux idées reçues

Un mur en pierre très épais n’est pas forcément un bon isolant thermique. C'est juste un atout pour l'été en raison de son inertie.
De même, le double vitrage seul ne suffit pas si les murs et la toiture restent non isolés.

Les différents systèmes de production d’eau chaude

On peut réduire les dépenses d’eau chaude sanitaire, car ce poste représente environ 17 % des consommations d’un logement.

Le chauffe-eau électrique
Très courant, le ballon électrique appelé cumulus (c'est une marque d'Atlantic) est simple à installer, mais coûteux à l’usage.
Pour limiter les dépenses :
privilégier les heures creuses ;
couper l’appareil en cas d’absence prolongée ;
isoler le ballon lorsqu’il se situe dans une pièce froide.

La production instantanée au gaz
Les chauffe-eau instantanés permettent de produire de l’eau chaude à la demande sans stockage.
Ils limitent certaines pertes énergétiques mais nécessitent un entretien rigoureux.

Le chauffe-eau solaire
De très loin le meilleur investissement, car outre la gratuité il n'y a aucune pollution en amont. Le solaire thermique peut couvrir jusqu’à 70 % des besoins annuels en eau chaude. Cette solution réduit durablement les consommations d’énergie tout en valorisant une énergie véritablement renouvelable.

L’électroménager : des consommations parfois sous-estimées

Les appareils électroménagers représentent une part importante des dépenses électriques. Les équipements les plus énergivoressont les appareils les plus courants et les plus consommateurs :

  • congélateurs ;
  • sèche-linge ;
  • réfrigérateurs ;
  • éclairage ;
  • téléviseurs et équipements multimédias
  • spas
  • Pompes de piscines et nage à contre courant.

Les bons réflexes pour économiser l’électricité

  • Réfrigérateur et congélateur : dégivrer régulièrement et éloigner les appareils des sources de chaleur, vérifier les joints et laisser circuler l’air derrière l’appareil.
  • Lave-linge et lave-vaisselle : utiliser les programmes économiques, faire fonctionner les appareils pleins et privilégier les heures creuses.
  • Sèche-linge : Très énergivore, il doit être réservé aux périodes où le séchage naturel est impossible.
  • Éclairage : les ampoules basse consommation restent indispensables. L’éclairage représente une consommation significative dans le logement. Les lampes basse consommation et les LED permettent de réduire fortement les dépenses électriques.

Quelques conseils simples, éteindre les lumières en quittant une pièce, privilégier les LED, adapter la puissance lumineuse aux besoins réels et éviter les halogènes très énergivores.

Comment limiter les consommations cachées ?

Les appareils en veille consomment de l’électricité en permanence. Les veilles électriques font partie des consommations "invisibles". Téléviseurs, box internet, consoles, chaînes hi-fi ou micro-ondes représentent plusieurs centaines de kWh par an.

  • Eviter de laisser la WI-FI en permanence et préférez les câbles afin d'éviter d'être pollués.
    utiliser des multiprises avec interrupteur ;
  • débrancher les appareils inutilisés ;
  • couper les équipements pendant les absences prolongées (pour une absence de plus d'une semaine couper le ballon électrique).

Quelques gestes efficaces

La consommation d’eau représente également une dépense importante.

  • ​préférer les douches aux bains ;
  • réparer les fuites rapidement pour limiter le gaspillage pour réduire les factures. Une simple fuite peut entraîner des dizaines de
  • mètres cubes d’eau perdus chaque année. Vérifiez les fuites notamment dans les cuvettes des WC en posant un papier toilette sur la paroi : si celui-ci s'humidifie c'est qu'il y a une perte d'eau qui est souvent très coûteuse.
  • installer des mousseurs et réducteurs de débit ;
  • utiliser des chasses d’eau économiques.

Qualité de l’air intérieur

Attention à l’humidité et au monoxyde de carbone. Les logements mal ventilés présentent souvent des problèmes d’humidité et de pollution intérieure.

Les dangers de l’humidité

Un excès d’humidité favorise :

  • moisissures ;
  • allergies ;
  • problèmes respiratoires ;
  • dégradation du logement.


Le risque du monoxyde de carbone

Le monoxyde de carbone est un gaz mortel produit par une mauvaise combustion. Les principales causes sont :

  • Un chaudière mal entretenue ;
  • un conduit obstrué ;
  • un appareil défectueux ou mal posé ;
  • une absence de ventilation
  • un chauffage d’appoint non adapté.

Les règles essentielles de sécurité

  1. faire entretenir les appareils chaque année ;
  2. réaliser un ramonage régulier (2 fois par an pour le bois énergie);
  3. maintenir les aérations ouvertes ;
  4. éviter les chauffages mobiles au pétrole comme chauffage principal.

Les aides financières pour les travaux d'économie d'énergie

Plusieurs dispositifs permettent d’aider les ménages à financer leurs travaux. Les aides mobilisables sont possibles selon les situations, il est ainsi possible d’obtenir :

  • des aides de l’ANAH ;
  • des aides locales ;
  • un prêt à taux réduit ;
  • des subventions régionales ;
  • des aides pour le solaire thermique ;
  • un accompagnement social.

Les travaux de rénovation globale peuvent être financés concernent notamment :

  • l’isolation ;
  • le remplacement du chauffage ;
  • les fenêtres ;
  • la ventilation ;
  • la production d’eau chaude.

Logement décent : obligations du propriétaire et du locataire

La réglementation impose qu’un logement dispose :

  • d’un chauffage normal ;
  • d’installations sécurisées ;
  • d’une ventilation correcte ;
  • d’équipements en bon état.

Le propriétaire doit assurer les grosses réparations et fournir un logement décent.
Le locataire doit assurer l’entretien courant et signaler rapidement les problèmes.

La réduction des dépenses d'énergie repose sur trois piliers :

isoler, isoler et isoler. L’isolation reste l’investissement le plus judicieux.

Comment réduire durablement sa facture énergétique ? Isolation, chauffage performant, ventilation adaptée et sobriété énergétique représentent les solutions les plus efficaces pour améliorer durablement la qualité des logements et protéger les ménages des hausses du coût de l’énergie.



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