Mesures pour stabiliser et augmenter le prix du pétrole
L'Arabie Saoudite, le Qatar, le Vénézuéla, les trois plus importants membres de l'OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole) s'étaient joints à la Russie -qui n'en faisait pas partie- pour signer un accord gelant la production de pétrole brut.
L'action des membres de l'OPEP
Leur objectif était de stabiliser le prix du pétrole qui avait fortement chuté de près de 70 % en quelques mois depuis l'automne 2014. Le COVID avait stoppé l'activité mondiale, mais la vaccination avait relancé la demande en pétrole. L'or noir avait commencé à grimper fortement notamment avec la reprise du transport aérien (La consommation mondiale de kérosène pour l’aviation est d’environ 940 000 tonnes par jour soit 343 millions de tonnes par an en 2025). Parallèlement les taxes alourdissent les prix du pétrole en France lorsque qu'il baisse, mais inévitablement quand le cours des prix du pétrole remonte, les taxes restent.
Freins pouvant empêcher la hausse
Les freins qui peuvent empêcher l'augmentation du pétrole :
1) Les intérêts divergents des différents pays
L'Iran soutient cette volonté de stabiliser les prix, mais veut accroitre sa propre production de pétrole avant la fin 2016 en injectant 1 million de barils par jour. Profitant de la fin de l'embargo sur ses exportations qui était due à son programme de nucléaire destiné à produire des armes et des applications miliaires l'Iran a besoin de trésorerie. Comme l'Arabie Saoudite, l'Iran possède des gisements abondants de pétrole de bonne qualité situés en surface rendant l'extraction facile avec de faibles coûts.
Son objectif est de regagner des parts de marchés même si cette volonté contrecarre les autres pays mis en difficulté dont le prix bas rend l'extraction non rentable. Les États-Unis sont visés, les entreprises pétrolières arrêtent leurs puits non rentables.
Après la chute des prix du pétrole qui a débuté fin 2014, les producteurs américains ont commencé à fermer les plates-formes à un rythme sans précédent (75 % des plateformes d'extraction).
Le nombre de puits de forage actifs se rapproche du niveau le plus bas depuis Baker Hughes (chiffres et données de forage datant de 1940). Malgré la baisse du nombre de plates-formes pétrolières du au fait d'une rentabilité de moins en moins pertinente, les États-Unis continuent malgré tout à extraire du pétrole à un volume historiquement élevé.
Le Nigéria et le Vénézuéla réclament à cor et à cri une réduction conjointe de la production de l'OPEP, mais se heurtent au fait que le royaume wahhabite bénéficie de coûts d'extraction les plus faibles au monde et des réserves financières accumulées qui lui permettent de patienter. En effet, pour l'Arabie Saoudite, la simple stabilisation des prix lui permet de conserver ses parts de marché et de maintenir la stabilité de la rentabilité de ses forages.
Pour la Russie, les installations polaires en Sibérie sont peu flexibles, car la production pétrolière est en partie privée et Moscou déclare n'avoir aucun contrôle sur ces entreprises. (Source Bloomberg)
2) Des stocks accumulés très importants
L'AIE (l'agence Internationale de l'Énergie) avait publié un rapport le 22 février 2016 indiquant que la production de pétrole brut devrait ralentir dès 2017, mais que les stocks accumulés sont très importants. À court terme, les prix pour les consommateurs ne devaient pas évoluer, mais il fallait profiter de cette accalmie pour penser aux "énergies renouvelables".
3) Produire sobrement pour consommer plus sobrement
Peut-être qu'au lieu de subventionner la voiture électrique branchée sur le réseau EDF, commencer à penser à des petits véhicules très légers
Prenons le cas du photovoltaïque : contrairement à ce que certains lobbyings ont fait habilement passer dans les médias, les panneaux photovoltaïques utilisent des matériaux très communs comme le silicium et l'aluminium que l'on peut recycler facilement à la différence de votre ordinateur ou téméphone qui contient des dizaines de métaux différents cuivre, or, palladium, lithium, étain, cobalt, tantale, indium, etc. De toute manière, toute extraction est polluante. Le pétrole est un énorme polluant.
Évolutions récentes (2023-2025)
a) La stratégie de l’« OPEC+ » : coupes et relâchement de production
Depuis fin 2022, OPEC+ a mis en place des coupes volontaires de production d’environ 2,2 millions de barils par jour (b/d) pour soutenir les prix.
En octobre 2025, l’OPEP annonce une augmentation graduelle de la production de 137 000 b/d par mois à partir d’octobre, correspondant au relâchement partiel de ces coupes.
Cependant, la Agence internationale de l’énergie (AIE) signale un surplus moyen de production de l’ordre de 1,9 million b/d pour les 9 premiers mois de 2025, ce qui pèse sur les prix.
La croissance de l’offre mondiale est revue en hausse pour 2025 : +3 millions b/d à ~106,1 millions b/d.
b) Demande, stocks et contexte économique
La demande mondiale demeure modérée : l’AIE prévoit une hausse d’environ 700 kb/d pour 2025 et 2026, bien en deçà des croissances historiques.
Les stocks restent un élément clé : bien que certains hubs critiques affichent des niveaux relativement bas, les stocks globaux restent élevés.
Des facteurs macro-économiques (incertitudes, transition énergétique, électrification des transports) pèsent sur la dynamique du marché pétrolier.
c) Prix et prévisions
Une enquête Reuters anticipe un cours moyen pour le brut type “Brent” autour de 68 $/baril en 2025.
L’EIA prévoit même une baisse vers ~62 $/baril au 4ᵉ trimestre 2025, puis ~52 $/baril en 2026 si les stocks continuent d’augmenter.
Pourquoi ces mesures sont-elles plus complexes aujourd’hui ?
Le jeu mondial de l’offre et de la demande est plus incertain : l’électrification, la transition énergétique, la diversification hors-combustibles fossiles réduisent la pente de la croissance de la demande.
- L’offre non-OPEP+ progresse (États-Unis, Brésil, Canada, etc.) ce qui réduit l’emprise traditionnelle de l’OPEP sur le prix :
L’augmentation des stocks ou du surplus temporaire du marché mine le pouvoir de soutien des coupes de production : Les producteurs cherchent autant la part de marché que le prix élevé, ce qui crée des tensions internes.
Enfin, la géopolitique (sanctions, conflits, transport maritime) reste un facteur actuel important.
Implications pour les consommateurs et perspectives en France
Pour un usager en France (et en Europe), voici quelques implications :
- Si les producteurs coopèrent pour limiter l’offre, cela peut entraîner une remontée des prix du pétrole brut → répercussion sur les prix des carburants, du fioul domestique, voire sur l’électricité selon les pays.
- Mais si les stocks restent élevés et la demande molle, les prix pourraient stagner ou même baisser à moyen terme.
- Par conséquent, la période 2025-2026 pourrait être moins favorable à une répercussion forte d’augmentations pétrolières massives – mais la marge d’incertitude est importante (géopolitique, transition énergétique).
En France, des choix comme réduire la dépendance aux combustibles fossiles, augmenter l’efficacité énergétique (surtout en isolant et en se montrant sobre), ou basculer vers des alternatives (pompe à chaleur, photovoltaïque…) s’avèrent stratégiques face à ces incertitudes.
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